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Tourisme communautaire : Mon expérience en Jamaïque

Roger Wheelock, conseiller volontaire principal de SACO (Jamaïque) Janvier 26, 2017

Je suis arrivé en juin 2016 à Treasure Beach, sur la côte sud de l’île, en tant que conseiller volontaire principal de SACO. Ma mission consistait à établir des bases pour de futures affectations de volontaires SACO (nous sommes plus de 900). Ces conseillers seraient des spécialistes dans le domaine du tourisme communautaire, et ils se pencheraient tout particulièrement sur le renforcement des capacités et la préparation au marché.

Alors… La première chose qu’il faut savoir au sujet de cette merveilleuse Treasure Beach est le fait qu’elle n’existe pas! Il s’agit plutôt d’une chaîne de quatre collectivités côtières, que les locaux grégaires connaissent très bien. Ou peut-être s’agissait-il de sept. Ou de huit… Ou un autre nombre dans ces eaux-là.

La deuxième chose à savoir? Cet « endroit » qui n’existe pas officiellement se débrouille fort bien sans gouvernements municipaux! Aucun! Treasure Beach est davantage un « état d’esprit » qu’un endroit réel. Et pourtant… le sentiment de communauté est extrêmement fort. Cela tient pratiquement du miracle. Et c’est merveilleux.

Deux organismes en particulier en assurent la continuité. La Fondation Breds contribue à la plus grande partie de l’infrastructure de la collectivité; et le Groupe de femmes de Treasure Beach offre toute une gamme de services sociaux. Les réalisations de ces deux organismes sont époustouflantes. Breds a construit un complexe sportif – qu’il entretient en plus – qui comprend des terrains de sport et autres installations, un complexe qui pourrait facilement desservir une communauté bien plus importante. Le complexe favorise « l’éducation, le sport, le patrimoine culturel et les soins de santé d’urgence ». Ce dernier service est très important, puisque le centre médical le plus rapproché est à Black River, à 25 km.

Donc qu’est-ce que la Fondation a fait? Elle a établi un service d’ambulance communautaire, qu’elle opère également.

Et que dire du Groupe de femmes? Je leur lève mon chapeau, vraiment. Des cliniques médicales gratuites deux fois par année. Des programmes d’alphabétisation. Des programmes d’été en arts pour les enfants. Des fêtes de Noël pour les enfants locaux. Des services pour les personnes âgées et les personnes confinées à domicile. De l’aide pour l’orphelinat. Des cours de couture gratuits. Des ateliers en imprimerie sur vêtements, en reliure et en crochet au moyen de sacs en plastique.

Et ils font des dons! À l’école primaire, à Jamaica Aids Support, à la Marche pour Haïti (Walk for Haiti). Et à l’ambulance communautaire aussi. Comment? Ils recueillent leurs propres fonds, bien entendu, dans le cadre d’événements communautaires et de leur « Treasure Hunt Craft Shop ».

Partout dans les collectivités de Treasure Beach, on peut trouver de remarquables exemples de projets mis sur pied dans le but d’améliorer la vie des habitants locaux et d’encourager l’entraide. Lors d’une récente série de menus vols, un réseau téléphonique informel a alerté une armée de « regards vigilants », et le problème a cessé immédiatement. Voilà le pouvoir d’une communauté qui croit en elle-même.

Donc… que s’est-il passé lorsqu’une des deux industries de base de Treasure Beach s’est effondrée? En raison de la surpêche dans les eaux de la Jamaïque, cette industrie vitale s’est évaporée, et la collectivité a décidé que l’autre industrie de base – l’agriculture – avait besoin d’une consœur pour maintenir les emplois et les opportunités pour les gens.

Et voilà comment le tourisme est entré en scène. Mais, lorsqu’ils ont regardé autour d’eux, les locaux ont pris deux décisions : pas de centres de villégiature tout-compris ni d’énormes complexes touristiques. Ils ont opté pour le tourisme communautaire, d’où la fière devise « Home of Community Tourism » (le pays du tourisme communautaire). Et le gouvernement de la Jamaïque a donné son approbation.

Mais le plus important de tout cela a été l’enthousiasme et la coopération des locaux. Sans cet engagement et ce dynamisme, sans la vision collective des Jamaïcains, rien de tout cela n’aurait été possible. Et parce que cet engagement est si total, le développement de l’industrie du tourisme est non seulement possible, mais bien réel. Donc, faut-il un endroit qui n’existe pas vraiment pour créer une entreprise communautaire? Les habitants de Treasure Beach et leurs nombreux aidants et amis peuvent vous montrer comment faire.

Et en quoi leur « expérience touristique » consistera-t-elle? Elle est encore en cours de développement, mais je n’ai aucun doute qu’elle reflètera les valeurs du « tourisme communautaire » qu’ils ont adoptées et les attributs qu’ils ont développés ensemble : « Surprise. Authenticité. Connexion. »

Mais qu’en est-il de la « surprise »? Lors de ma dernière matinée au Sunset Beach Resort, j’ai demandé à deux touristes que j’avais vus la veille partager un souper romantique d’au revoir devant le coucher de soleil au Frenchman’s Reef ce qu’ils avaient le plus aimé de leur visite. C’était un couple hollandais dans la fin trentaine qui avait beaucoup voyagé. La femme a tout de suite répondu : « Vous savez, en Hollande, le soir, on ne voit que des lampadaires ou les lampes de nos nombreuses serres. Ici, c’était réellement magique de contempler la mer des Caraïbes le soir, et de ne voir que de l’obscurité! »

Les plaisirs les plus simples de la vie peuvent faire les meilleurs souvenirs. Voilà la surprise.

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